Pour une Mobilité Inclusive

Dernière mise à jour : il y a 6 jours


1km à Pied est un acteur de la mobilité inclusive en aidant les employeurs multisites à réaffecter leurs employés de terrain plus près de leur domicile. Ainsi, les trajets domicile-travail deviennent accessibles et très économiques.


Au cours de ces dernières années, la mobilité a connu une croissance très importante due à l’augmentation de la population, et à la hausse des kilomètres parcourus par personne. Parcourir de longues distances est devenu une action facile, notamment grâce au pétrole qui alimente la majorité de nos mouvements, et nous permet d’aller toujours plus loin, toujours plus vite. Aujourd'hui, la mobilité est devenue un élément si socialement valorisé, qu’elle n’est plus perçue comme un moyen d'atteindre des services essentiels, mais comme une liberté individuelle dont tout le monde peut jouir. Cependant, si la mobilité est devenue un acquis pour certains, elle reste un privilège pour d’autres.


La Mobilité Inclusive c’est quoi ?


La mobilité inclusive ou mobilité solidaire est une approche qui vise à penser la mobilité de manière à ce qu’elle réponde aux besoins de chacun, et spécifiquement aux besoins des personnes se trouvant en situation de vulnérabilité économique ou sociale. La mobilité inclusive permet ainsi de mettre fin à l’exclusion de certains groupes, et de certaines personnes en intégrant leurs besoins dans les solutions de déplacements.

Cela peut se traduire par :

  • rendre l’accès à l’information plus accessible aux personnes analphabètes,

  • rendre les structures accessibles aux personnes à mobilité réduite,

  • mettre en place des aides financières pour les personnes précaires etc.


En conclusion, la mobilité inclusive c’est rendre leur autonomie aux personnes vulnérables, pour qui la mobilité est devenue un droit inacessible, pour des raisons :

  • sociales (personnes analphabètes, illettrées, ou qui ne maîtrisent pas le français…)

  • physiques et cognitives (handicap, grand âge…),

  • financières (personnes aux très faibles ressources, précaires, les jeunes sans emploi…),


⚠️ À ne pas confondre avec la Mobilité Sociale. En effet, la mobilité sociale désigne en sociologie, le fait de changer de position dans la société, cela peut se traduire par le fait de changer de profession, de statut social ou de catégorie sociale.



Quels enjeux pour une mobilité inclusive ?


Selon le Laboratoire de la Mobilité Inclusive (LMI), 7 millions de personnes connaissent des problèmes de mobilité, soit environ 20 % de la population en âge de travailler. Cela montre que la mobilité est un enjeu qui nous concerne tous, et nous impacte différemment étant donné que nous ne sommes pas tous égaux dans notre droit à la mobilité.


  • Les offres de mobilité sont inégalement distribuées selon la zone géographique où l’on se trouve

Une personne vivant dans une grande ville disposera de plus d'options pour se déplacer d’un point A à un point B, tandis qu’une personne issue d’un milieu rural rencontrera des difficultés à se rendre à son lieu de travail par exemple.


  • Les travailleurs pauvres sont plus touchées par l’immobilité

Selon la sociologue des mobilités et des modes de vie (urbains et périurbains), Leslie Belton Chevallier, les personnes pauvres sont confrontées à une plus grande précarité tout d’abord parce qu’elles occupent les postes les moins qualifiés, mais aussi parce qu’elles se retrouvent souvent à devoir changer d’emploi, et donc de lieux de travail. Ainsi, cela les amènent à réaliser des déplacements plus fréquents et complexes pour pouvoir subvenir à leurs besoins. Par conséquent, les personnes pauvres sont celles qui ont le plus déplacements à réaliser, mais qui disposent du moins de moyens pour se déplacer.


  • Il y a un manque d'accessibilité pour les personnes qui sont handicapées, ou âgées

Les aménagements du territoire ne sont pas adaptés aux personnes à mobilité réduite. Les personnes se déplaçant en fauteuil roulant doivent faire face à des trottoirs qui sont trop fins, voire inexistants, rendant tous déplacements impossibles, mais aussi à des structures qui n'ont pas assez d’accès PMR, ou ne disposant pas d'ascenseur. Tandis, que les personnes aveugles, ou malvoyantes sont forcées d’évoluer dans un environnement non adapté à leurs besoins (difficultés d’accès à l’information, barrières architecturales…). Selon le Laboratoire de la Mobilité inclusive, au moins 5 millions de seniors affirment ne pas sortir de chez eux parfois pendant 24 heures d’affilée, soit 1 personne sur 4, à cause du manque d’options disponibles et qui leur sont accessibles pour se déplacer.


  • Les jeunes en difficulté

Les personnes jeunes sont socialement et financièrement les plus vulnérables, car elles disposent de faibles revenus et de peu de diplômes, ce qui constitue un grand facteur d'exclusion. En effet, leurs faibles revenus rendent le permis de conduire inaccessible, ce qui complexifie leur recherche d’emploi.


Ce que dit la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM)


La Loi d’Orientation des Mobilités a été mise en place fin 2020 dans le but d’encourager les particuliers et les entreprises à se tourner vers une mobilité plus durable et moins carbonée. Ainsi, un des objectifs porté par cette Loi est de rendre la mobilité plus inclusive, et accessible à tous pour les “personnes en situation de vulnérabilité économique ou sociale ainsi que des personnes en situation de handicap ou dont la mobilité est réduite”. Pour cela, la Loi propose des actions communes à planifier telles que :

  • la mise en place d'un accompagnement individualisé à la mobilité

  • organiser des services de mobilité solidaire

  • contribuer au développement de tels services ou verser des aides individuelles à la mobilité

  • faciliter la mise en place du Forfait Mobilité Durable (FMD)

  • Etc


Être Mobile : un privilège ?


“Pour les populations fragiles, tout est plus loin, plus cher et plus lent. La faiblesse de leurs revenus entame leur capacité de mobilité. Et comme un cercle vicieux, ces freins contribuent à leur tour à les maintenir dans leur précarité.”