Réduire les inter-vacations et leur impact
- Laure Wagner

- il y a 5 heures
- 3 min de lecture
Les inter-vacations en BD
Cette BD, réalisée par Mathilde François et Manon Loisel pour La Fab, reflète bien le quotidien éreintant et les inter-vacations insoupçonnées de centaines de milliers d'employés de terrain.



Comment réduire les inter-vacations ?
Temps perdu, impact carbone, impact financier, impact sur l'absentéisme et le turnover... les raisons de manquent pas pour améliorer la situation.
Utiliser des outils d'affectation Géographique comme Kelsite édité par 1km à pied
Primo-affectation des nouveaux salariés sur un site client au plus proche de son domicile
Staffing par proximité sur un nouveau site gagné par appel d'offre des salariés au plus proche.
Permutation de mission pour réduire le trajet domicile-travail et les inter-vacations
Sensibiliser les clients à la problématique pour qu'ils exigent de leur prestataire la mise en place d'outils qui minimisent les temps de trajets.
Les inter-vacations : quelques chiffres ?
Rien qu'au sein de la Métropole Bordelaise élargie, 14 372 personnes, comme Mouna, travaillent dans le secteur « Entretien et nettoyage des bâtiments » :
Plus de 10 000 dans la Métropole
Près de 4 000 dans la couronne périphérique
Chiffres clés du secteur en 2021 selon Le Monde de la Propreté :
48% des salarié e s de ce secteur travaillent dans plusieurs entreprises
50% des salarié e s travaillent 24 h/semaine ou plus (temps partiels)
Plus de 65% des salarié e s sont des femmes
80% de ces entreprises ont moins de 20 salarié e s 52 000 autoentrepreneurs),
24% de personnes d’origine étrangère
L’âge médian des salarié e s est de 45 ans
17% des salarié.e.s ont des horaires variables d’une semaine à l’autre
43% des marchés sont réalisés en horaires décalés ou fragmentés
Quels métiers concernés par les inter vacations ?
Tous les métiers qui consiste à aller sur plusieurs sites clients / patients dans la journée :
Services à la personne :
Soin à domicile
confort à domicile
ménage
jardinage
Services aux entreprises :
nettoyage en entreprise
accueil en entreprise
sécurité en entreprise
maintenance
cantine / restauration collective
L’intervacation dans l’aide à domicile : de quoi parle-t-on ?
Le secteur de l’aide à domicile, en forte croissance, emploie aujourd’hui plusieurs centaines de milliers de salariés, majoritairement des femmes, souvent en temps partiel annualisé. Dans ce contexte, l’inter-vacation désigne le temps d’interruption entre deux interventions chez des bénéficiaires différents.
Ce temps se compose généralement de :
Un déplacement entre deux lieux d’intervention.
Un temps d’attente avant la prochaine mission.
À ne pas confondre avec : La pause repas, qui reste encadrée par l’avenant n° 36-2017 du 25 octobre 2017 relatif au temps et aux frais de déplacement.
Temps d’attente entre deux missions : un enjeu juridique et social
1. L’évolution du cadre légal
Avant 2019, la convention collective de l’aide à domicile (avenant n° 36-2017) stipulait que :
« Lorsque les séquences de travail effectif au cours d’une même demi-journée ne sont pas consécutives, le temps de déplacement entre ces deux séquences est reconstitué et considéré comme du temps de travail effectif et rémunéré comme tel. »
Problème : Cette disposition excluait les temps d’attente entre deux interventions, ce qui créait une zone grise pour les salariés contraints de rester disponibles sans être rémunérés.
2. Le tournant de 2019 : reconnaissance du temps d’attente
Face à cette injustice, les partenaires sociaux ont négocié un arrêté d’extension (29 mai 2019) pour clarifier le statut des inter-vacations. Nouvelle règle (article 1 de l’arrêté) :
« Le temps d’interruption entre deux interventions, au-delà du temps de trajet, correspond à un temps d’attente assimilable à du temps de travail effectif, dès lors que le salarié ne peut ni rentrer chez lui ni vaquer librement à ses occupations personnelles. »
Pourquoi cette évolution du statut des intervacations ?
Les temps d’attente, souvent compris entre quelques minutes et 30 minutes (parfois plus), empêchent les salariés de s’organiser librement.
Les employeurs sont désormais incités à optimiser les tournées pour réduire ces temps morts, améliorant ainsi les conditions de travail.
Texte officiel : L’article 14.2 de la convention collective, modifié par l’avenant n° 36-2017, est étendu sous réserve du respect de l’article L. 3121-1 du Code du travail, qui définit le temps de travail effectif.
Quels impacts ont les inter-vacations pour les employeurs et les salariés ?
Pour les employeurs
Obligations renforcées :
Payer les temps d’attente comme du temps de travail effectif.
Optimiser les plannings pour limiter les inter-vacations (ex. : regrouper les interventions par zone géographique).
⚠️ Risques en cas de non-respect :
Contentieux prud’homaux pour non-paiement des heures de travail.
Turnover accru et difficulté à recruter dans un secteur déjà en tension.
Pour les salariés
Meilleure reconnaissance :
Rémunération des temps d’attente, ce qui augmente légèrement les revenus.
Réduction de la précarité liée aux temps non payés.
⚠️ Limites persistantes :
Les temps d’attente supérieurs à 30 minutes restent rarement couverts.
Les déplacements longs entre missions ne sont pas toujours compensés (sauf frais de transport).



